2017 – Création tout public
à partir de 6 ans

pOème visuel inspiré de l’œuvre d’auue herbauts

adaptation et mise en scène
Hélène Arnaud
avec
Pascal Rozand, jeu
et Alice Mora, manipulation et fabrication

scénographie et vidéo
Mathieu L’Haridon
lumières et inventions lumineuses
Léo Grosperrin
univers sonore et musical
Isabelle Vultaggio-Arnaud
construction et fabrication d’objets
Pascal Forner

avec l’aimable autorisation de l’auteure,
des éditions Casterman, L’An2-Actes Sud
et Esperluète

pour recevoir un dossier plus complet sur la création, nous contacter :
@ :
cie.larpenteur@gmail.com

coproductions : Théâtre Massalia, scène conventionnée pour la création jeune public tout public, Marseille (13), Théâtre Joliette, scène conventionnée pour les expressions contemporaines, Marseille (13)
avec le soutien du Théâtre de Cuisine et Scènes et Cinés Ouest Provence
avec l’aide de la Ville de Marseille, du Conseil Régional Provence-Alpes-Côte d’Azur, du Conseil Départemental des Bouches-du-Rhône et la SPEDIDAM
(LA SPEDIDAM est une société de perception et de distribution qui gère les droits des artistes interprètes en matière d’enregistrement, de
diffusion et de réutilisation des prestations enregistrées)

 

 

 

Cette nouvelle création est le fruit d’une rencontre bouleversante avec l’œuvre sensible et profonde d’une auteure et illustratrice jeunesse, auue herbauts.
En nous adressant au jeune spectateur, nous cherchons à le déplacer dans un monde rempli d’étrangeté et de poésie qui l’interroge et libère l’imaginaire.
Nous souhaitons éveiller sa curiosité par cette part d’inconnu.
Et auue herbauts nous laisse une fenêtre grande ouverte !

 

Elle n’explique pas. Elle montre les choses invisibles, ces moindres petites choses comme le temps qui passe ou les émotions qui nous traversent, ce ciel entier à travers la gorge…
Elle invente un monde à l’intérieur du monde.
Elle crée en nous l’étOnnement.
Et c’est bien de cela dont il s’agit :
provoquer l’ étOnnement chez le jeune spectateur.

 

La première fois que j’ai ouvert un album d’auue herbauts, c’était Les Moindres petites choses. Et le livre m’est littéralement tombé des mains… Se déployait devant moi – dans un triptyque à déplier – le quotidien de Mme Avril qui regarde son petit jardin à travers la fenêtre. Et quand Mme Avril réfléchit, le petit jardin s’agrandit… Un livre bouleversant sur le débordement. Sur le temps qui passe. Sur la beauté du monde qui dépasse les mots. Où le minuscule côtoie le gigantesque. Et où le geste même d’ouvrir la page participe de ce débordement.

auue herbauts
Aujourd’hui, je rêve d’un pOème qui s’adresse à tous.
Comme Alice dans l’étonnante adaptation d’auue herbauts d’Alice aux pays des merveilles, je voudrais plonger dans ses livres-terriers, explorer les marges, faire bégayer les mots, rebondir aux 4 coins de la page et déborder du cadre en jouant des inversions et des reflets.

Hélène Arnaud –Notes,  Août 2015

 

leslivres

les fenêtres servent-elles à regarder dedans ou dehors ? est un poème présenté sous la forme d’un folioscope grand format.
Une traversée des albums d’auue herbauts.

Il ne s’agit pas de reproduire ou d’illustrer le travail d’auue herbauts sur scène.
Son œuvre se suffit à elle-même.

*citation détournée d’André Breton

 

En nous confrontant à la forme narrative et plastique que sont les albums jeunesse, l’enjeu de cette création se trouve bien dans la fabrication d’une nouvelle écriture scénique.

Les mots, les motifs d’auue herbauts qui reviennent comme une ritournelle dans son œuvre nous ont insufflé la nouvelle histoire que nous allons vous conter, celle d’un même jour qui se répète sans fin…

Mêlant théâtre visuel et autres curiosités lumineuses les fenêtres servent-elles à regarder dedans ou dehors? est une rêverie.

Une variation poétique sur le temps qui passe et les météorologies du cœur, l’infiniment petit et l’infiniment grand.
Une réflexion sur la mémoire et les souvenirs.

les fenêtres servent-elles à regarder dedans ou dehors ? est une question laissée en suspens,
une question pour exprimer le regard aussi singulier que précieux que cette auteure pose sur le monde.
Car il s’agit toujours pour nous d’interroger à travers la théâtralité notre perception du réel, ce lien distendu entre ce que l’on voit et ce que l’on perçoit.

 

Mais qui a rêvé ?
se demande Alice

 

letemps

Cela ressemble à un rêve
qui commence toujours à l’heure vide.

Mais connaissez-vous l’heure vide ?

 

heurevide

 

 

 

Jean vit dans une petite maison au milieu de la forêt, dans le ventre d’un , avec son chat Moby Dick.

Jean se perd souvent dans ses pensées.
Et l’on entend ses pensées s’éparpiller comme une poignée de moineaux

Chaque jour, (peut-être est-ce chaque nuit), Jean infuse ses souvenirs dans une tasse de thé.
Jean collectionne les souvenirs comme il collectionne les papillons et les scarabées.
Avec ses souvenirs, il compose un herbier et les classe dans son grand carnet, les colorés, les sombres, les étranges, les petits et les grands…

Chaque jour, il arrose soigneusement certains mots rares ou raccommode ceux troués par les silences trop pesants.

 

 

 

 

 

 

scarabes

 

 

 – et vous, quelles choses vous rappelez-vous le mieux ?
osa demander Alice
– oh, des choses qui se sont passées dans quinze jours,
répond la Reine

meteorologie

Jean passe des heures à regarder les saisons défiler à sa fenêtre.
Pour changer de temps, il suffit à Jean de déplacer sa fenêtre pour voir tomber la neige
ou la pluie d’automne sur les arbres nus.

saison

Les murs de la petite maison deviennent une page blanche sur laquelle les mots et les images divaguent au fil de la pensée de Jean.
Il traverse les tapisseries aux allures de planches botaniques, par-delà les nuages, tombe à l’intérieur de sa cafetière posée sur la table
Ou remonte le temps en grimpant sur la grande aiguille, et se retrouve au cœur du temps.
Au centre de l’univers.
Au centre du vide.
Entouré d’étoiles. De milliards de points de lumière.
Qui semblent se déplacer dans une danse lente. …

 

soleil

… lorsque Jean pense, son jardin s’agrandit et le déborde.

Chaque jour, (peut-être est-ce chaque nuit) Jean se perd dans la forêt de ses pensées.
A l’ombre des mots et des images.

Et cela commence toujours à l’heure vide….

anneherbauts

auue herbauts est une auteure et illustratrice belge. Elle signe plus d’une trentaine d’albums pour enfants (et grands) et bandes dessinées, édités notamment chez Casterman, Esperluète et l’An2- Actes Sud. Elle s’éparpille parfois vers d’autres écritures, dans d’autres marges, comme le court-métrage et le film d’animation.

auue herbauts explore toutes les formes d’écriture, joue avec les mots, les pleins et les vides de la page, les textures et les couleurs.
Elle construit le livre comme une expérience, obligeant à lire autrement.

 

Elle aime perturber le regard : elle n’est ni dans l’image ni dans le texte.
L’entre-deux est son espace de travail. Le temps sa matière première.
Sans expliquer, elle nous montre les choses invisibles, comme l’absence, le silence ou la fragilité des instants… ces moindres petites choses qui prennent sous son regard une dimension poétique, comme cette chaise rouge omniprésente dans toute son œuvre qui remplit par son attente la moitié de la page.
Mais ne cherchez pas de réponse. L’interrogation reste en suspens.

 

La page est pour auue herbauts un espace de papier, de couture et de vent
En creux, dans les plis du livre
Elle façonne.
Elle travaille toutes les faces du livre.
Comme un ouvrage de couture.
auue herbauts interroge sans cesse son travail, tentant de cerner ce qui nous échappe.
Couche le temps sur le papier. L’étire.
Ou le sectionne de quelques mots fulgurants.
Quelque chose se passe quelque part dans les marges.
Quelque chose passe et nous échappe.
Comme la couleur du vent…

 

citation