PPtitre

création tout public – 2010
à partir de 6 ans – durée : 50 ‘

texte Philippe Dorin

la Petite Alice Huet
le Grand Carlos Martins
et un petit caillou blanc

mise en scène Hélène Arnaud
lumières Léo Grosperrin
création graphique Sébastien Sarrazin
costumes, accessoires Claire Simonian
régie  Guillaume Rouan, Éric Vinagre

Le texte est publié aux éditions L’École des Loisirs.

Ce projet a reçu l’aide à la création de la Ville de Marseille et l’aide à la création et à la diffusion du Conseil Général des Bouches-du-Rhône

 

PP 1© Amath Magnan

 

PPinventons..

Il s’appelle le Grand, il est seul.
Elle s’appelle la Petite, elle est seule aussi.
Ils viennent d’un pays où c’était que des morts partout.
Où les oiseaux tombaient comme des pierres.
Voilà qu’en semant des cailloux, ils se rencontrent et ensemble, ils s’inventent des histoires…
L’histoire s’écrit :
ils deviennent frère et sœur, croisent des grenouilles, ramassent des étoiles, sont chassés d’une ville, font revenir leur mère, et se retrouvent devant la maison d’un écrivain qui cherche… désespérément une histoire !
Dans l’espace vide du théâtre pareil à celui d’une page blanche, le Grand et la Petite accompagnés d’un petit caillou blanc partent à la recherche d’un petit coin vu en rêve.
Ils réinventent le monde, au gré de leur imagination et s’interrogent …
Comment donner un sens à leur histoire ?

 

LE GRAND
Comment tu t’appelles ?

LA PETITE
Pierre.

LE GRAND
T’es un garçon ?

LA PETITE
Non, une fille.

LE GRAND
Ce sont les garçons qui s’appellent Pierre.

LA PETITE
Non ! Pour un garçon, on dit caillou.

Ils disparaissent.

extrait – en attendant le Petit Poucet, Philippe Dorin

 

PPcequi..

Philippe Dorin raconte avec des mots simples.
Et son écriture est éminemment théâtrale.  Parce qu’elle se vit au présent.
Parce que le  Grand et la Petite se disent frère et sœur, ils le sont.

Comme Hansel et Gretel, le Grand et la Petite errent sur un chemin.
Ils sèment les mots comme ils sèment des cailloux, à la recherche d’un sens à donner à leur histoire. Chaque mot devient alors une histoire.
Passant d’un jeu à un autre, le Grand et la Petite sont dans le seul instant où les choses sont dites. Ils font la pluie ou le beau temps comme on tire à la courte-paille, ou jouent à être morts en attendant de trouver un autre jeu qui leur fera moins mal aux bras…

Parce que dire juste, c’est juste le dire. Et c’est sans doute ce qui rend le mieux cette idée d’enfance sur scène.
Philippe Dorin

PPlafabrique

Le jeu et l’écriture sont au centre de cette création.

Avec quelques cailloux, un morceau de bois, une craie et des boulettes de papier, les comédiens écrivent l’histoire sous nos yeux, construisant et déconstruisant l’architecture de la scène.
Ici, le théâtre est apparition et disparition, s’inventant sans cesse comme un jeu d’enfant.

1idee

 

PP 12© Mathieu Bonfils

 

PPdans

Cinq intermèdes animés ponctuent cinq tableaux dialogués.

Ces cinq intermèdes sont les didascalies de l’auteur traitées sous forme de jeux typographiques. Et mettent en espace l’écriture.

 

PPunesceno..

Chaque scène est une traversée.
Ce mouvement écrit le sens du texte et l’espace.
Le Grand et la Petite apparaissent et disparaissent
Entrent et sortent de la page blanche,
Comme on va à la ligne.
C’est une écriture en marche,
Une scène sans cesse recommencée,
Un tour du monde en quelques pages.

PPcommechemin

Chaque scène devient un instantané de vie.
Dans l’espace vide, les répliques surgissent. Brutes.
A chacune de leur disparition, le Grand et la Petite laissent au silence et aux pensées qui l’accompagnent, la place de rebondir.
Le spectateur éprouve alors physiquement l’absence…

PPpresse
Une subtile variation autour du «Petit Poucet» signée Philippe Dorin, portée à la scène avec malice par Hélène Arnaud et un tandem de grands enfants
.
Il y a parfois, sur les plateaux des théâtres, de petites magies, toutes simples mais en cela rassérénantes. En attendant le Petit Poucet, que présente Hélène Arnaud, ce week-end sous les belles voûtes du Daki Ling est de cette trempe-là ; le public de la première, hier après-midi, en fut la preuve : une attention d’une qualité rare et un sourire tendre qui ne quitte pas les visages une heure durant.
En attendant le Petit Poucet, c’est d’abord un texte, ciselé par Philippe Dorin, ludique et plein d’invention, sur un sujet pourtant grave : frères de cœur du héros de Perrault, le Grand et la Petite viennent d’un pays dévasté, survivants d’un monde en ruine « avec plein de morts partout ».

presse

La mort est omniprésente dans le périple des deux orphelins, qui s’imaginent frère et sœur, se réinventent une maman, et courent sans cesse de grenouilles en étoiles, suivis par un petit caillou blanc, en quête d’un lieu où se reposer. Enfin.

Réunis par Hélène Arnaud au fil des séquences simplement entrecoupées de projections ludiques sur le parcours d’un «petit chariot», les comédiens Alice Huet et Carlos Martins, aussi beaux que bons, ne cessent de traverser le plateau, de jardin à cour, dans un passionnant panoramique. Et transmettent avec drôlerie et sensibilité cette fable qui, si elle parle frontalement du deuil, se révèle au final pleine de vie.
La Marseillaise, Denis Bonneville – samedi 30 octobre 2010

 

Justesse et poésie
Une réflexion à la fois profonde, accessible et subtile sur les thèmes du deuil et de la mort .
Sans jamais tomber dans le piège du larmoyant et sans jamais chercher la facilité, l’adaptation d’Hélène Arnaud trouve le ton juste et réunit deux talentueux comédiens.
En s’appuyant sur une scénographie épurée et en favorisant toujours la relation touchante qui unit le binôme, le voyage est également rempli de poésie.
La Marseillaise, Cédric Coppola – samedi 15 février 2014

PP.ecrire...
extrait – interview de Philippe Dorin recueillie par Olivier Bailly pour l’Ecole des lettres des collèges