Titre-BarbeBleue2

une comédie triste ou une tragédie comique
création 2008 – durée : 1h45′

texte Dea Loher
traduction Laurent Muhleisen

l’Aveugle Diana Barzeva / Alice Huet
Juliette, Anne, Judith, Tania, Ève et Christiane
Chloé Martinon
Henri Carlos Martins

mise en scène Hélène Arnaud
dessins Patrick Vallot
lumières Ludovic Desclin
vidéo Association Untitled Prod
costumes et accessoires Claire Simonian
régie Éric Vinagre

Merci aux paires de jambes
qui ont traversé notre travail.

L’Arche est l’éditeur et l’agent théâtral du texte représenté.

 

 

coproductions Untitled Prod et le Daki Ling, Jardin des Muses (Marseille) – partenariats l’Institut Supérieur des Techniques du Spectacle (Avignon), l’association Terre d’Union – soutiens l’imprimerie Horizon, la Minoterie-Théâtre de la Joliette (Marseille)
C
e projet a reçu l’aide à la création de la Ville de Marseille.

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BBunconte
Aujourd’hui, Barbe-Bleue est un homme banal, loin du monstre sanguinaire du conte de Charles Perrault ou des frères Grimm. Il se prénomme Henri et vend des chaussures pour dames.
Un jour, alors qu’il mange une glace, assis sur un banc d’un jardin public, Juliette l’aborde.
Deux heures, quinze minutes et vingt-trois secondes plus tard, Juliette dit l’aimer au-delà de toute mesure et se donne la mort devant ses yeux.

 

Commence une ronde macabre qui entraîne Henri d’une femme à l’autre, d’un meurtre à l’autre. Henri assassine toutes les femmes qu’il rencontre.

Pendant ce temps, l’Aveugle cherche Henri. Double énigmatique, elle le suit.
Elle a su, un jour, en sentant son odeur dans un café, qu’Henri était l’homme de sa vie.
Mais Henri n’est l’homme d’aucune vie…

BBaimer
Juliette se donne la mort par amour ; elle dit aimer au-delà de toute mesure.
Barbe-Bleue, espoir des femmes se présente alors comme le récit bouleversé de cette rencontre.
Aimer au-delà de toute mesure… Ces quelques mots mettent Henri hors de lui. Il quitte son costume de vendeur de chaussures pour celui d’assassin. Il part à la recherche du sens. Une quête qui rappelle celle des héros des contes… Mais Henri se perdra dans la forêt. Aveuglé, il ne retrouvera pas son chemin.

 

 

JUDITH. Quand on dépasse l’état amoureux, et qu’on atteint celui de l’amour, ce que je n’ai pas encore réussi, alors mon souhait est qu’il soit une paisible habitude, une chose sur laquelle on puisse compter, en quoi on puisse avoir confiance, un peu comme une vache à côté d’une autre vache en train de ruminer dans l’étable.

HENRI. C’est quand même un peu – banal, non.

 

 

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BBassassin
Les femmes que rencontre Henri cherchent en lui l’image idéale de l’amour. Quels que soient les visages que ces femmes empruntent, ils ne sont que le reflet de rêves impossibles…
Faute de pouvoir répondre à leur démesure, Henri les libère d’elles-mêmes en les tuant.
Et si l’amour n’existait qu’au-delà de toute expression…
* Assassin, espoir des femmes est le titre emprunté à la pièce du peintre expressionniste Oskar Kokoschka.

EVE. Vous voyez comme c’est silencieux. Vous entendez les couleurs de cette heure, qu’on appelle bleue, parce qu’on n’entend rien d’autre que le silence des êtres endormis et le murmure de leurs rêves.

BBununivers
En quatorze scènes – quatorze stations sur le chemin de croix d’un Henri devenu Barbe-Bleue, Dea Loher déploie une écriture qui se nourrit d’un vrai sens du jeu.
Elle invente une langue faite de fractures, de frottements, qui mêle le trivial au poétique, l’humour au tragique. Une langue qui reflète ces personnages égarés dans notre époque à la recherche de l’amour qui ne s’avoue pas, dans un univers où le temps et les lieux finissent par se confondre.
Le rêve de la rencontre avec l’autre n’en finit pas de s’achever.
Une inquiétante étrangeté *, une atmosphère un peu flottante se dégage, où les personnages se perdent…
* expression empruntée à Sigmund Freud

BBrecreer

Cette atmosphère un peu flottante me rappelle celle des contes.
Et c’est ce trouble que j’ai voulu retrouver en nous replaçant dans un état de confusion, de veille onirique comme lorsqu’enfant j’écoutais ces contes.
Plonger dans l’univers de l’étrange, du double et de la réflexion, où les personnages sont interchangeables, où les temps et lieux se confondent
Jouer des reflets et des ombres et mettre en question le réel et sa représentation.

 

 
 

 
Un rideau se ferme – il est cette page blanche d’où surgissent les personnages.
Les personnages s’inscrivent alors dans des dessins projetés plantant le décor, qui s’animent, se répondent d’une scène à l’autre, s’écrivent ou se transforment au fur et à mesure que le texte se dit.
Une seule et même comédienne joue les rôles des femmes,
glisse d’un personnage à l’autre. C’est la même  femme mais autre.
Dans un mouvement qui rappelle celui des associations d’idées, certains objets ou éléments dramaturgiques glissent également d’un personnage, d’un lieu ou d’une situation à l’autre.

 

 

 

Des ombres filmées se superposent aux dessins. Ce sont les ombres des personnages ; elles entrent dans les dessins pour s’y confondre… Elles sont les projections mentales d’Henri, ses pensées les plus sombres.
Les ombres virtuelles et les ombres réelles des comédiens sur le plateau se confrontent et s’interrogent.
Les points de vue se multiplient. La réalité s’efface au profit de ses reflets.
Un miroir nous est tendu, il nous renvoie l’existence de ces individus prisonniers d’une image aliénante du monde.
… A moins que ce ne soit les coulisses d’un rêve…

Hélène Arnaud – Notes, Août 2008

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BBpresse

Barbe-Bleue et ses amours démesurées,
par trois comédiens au charme bouleversant
L’adaptation d’Hélène Arnaud, s’appuyant sur les dessins projetés de Patrick Vallot, mêle subtilement les ambiguïtés de ce Don Juan malgré lui, qui rappelle parfois l’Antoine Doinel de Truffaut. Avec finesse, elle déroule sans trop les démêler ces attractions létales, ces aliénations amoureuses, plongeant le spectateur dans «une veille onirique», qui repose sur le décalage entre les crayonnés qui plantent les décors et le jeu des comédiens, charnels et précis. Farouchement fantasmatique. (…) Ce Barbe-Bleue constitue une réussite totale. Et l’on se prend à rêver de voir ces visions sensibles et ces acteurs renversants transportés sur un plateau plus vaste…

La Marseillaise – Denis Bonneville

 


Barbe-Bleue espoir des femmes,
l’homme qui aimait les femmes
Les lieux, les situations, les femmes se confondent et se répondent jusqu’à transporter le spectateur dans l’atmosphère légère d’un rêve. Servie par son texte souvent très drôle, la justesse de ses acteurs et une mise en scène sobre et poétique, Barbe-Bleue, espoir des femmes nous plonge dans un trouble enchanteur.

Ventilo – Johanne Ranson

BBcitation